Logiciel NeurInfarct

NeurInfarct : Un nouvel outil d’évaluation de l’infarctus cérébral à partir de l’IRM de diffusion

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) correspondent à la troisième cause de mortalité dans les pays occidentaux. L’AVC n’est pas mortel s’il est pris à temps mais des séquelles comme la paralysie totale ou partielle peuvent en résulter.

Prédire le potentiel de croissance d’un infarctus cérébral au cours des premières heures d’un accident ischémique cérébral (AIC) est un enjeu crucial pour faire baisser le taux de mortalité et limiter les séquelles.

Autour de la lésions irréversiblement atteinte, l’ischémie est plus modérée et entraîne un dysfonctionnement synaptique qui se traduit par un silence électrique ; cette anomalie a été nommée « pénombre ischémique », car elle est réversible si l’ischémie est levée suffisamment rapidement. Dans le cas contraire, la pénombre risque d’évoluer vers l’infarctus, d’autant plus rapidement que l’ischémie est sévère.

Les techniques IRM existantes restent relativement complexes à mettre en œuvre et nécessitent l’injection intraveineuse d’un produit de contraste. A l’inverse, NeurInfarct utilise uniquement des séquences IRM classiques. Celles-ci sont basées sur le traitement d’image dérivé de la cartographie du coefficient apparent de diffusion (ADC). Ces images traduisent la mobilité des molécules d’eau qui est très diminuée au cœur de l’infarctus mais dont les perturbations sont moins visibles dans la zone de pénombre. NeurInfarct quantifie automatiquement ces altérations simulant ainsi de façon anticipée la croissance réelle de l’infarctus.

Le principe consiste à délimiter le cœur de l’infarctus qui apparaît comme un hyper signal blanc (zone en rouge) sur l’image de droite ( séquence IRM pondéré en diffusion, DWI). Le cœur du foyer Ischémique est caractérisé par une baisse importante de l’ADC (image de gauche). Sur cette carte est reportée la zone précédemment délimitée qui servira de point de départ à la prédiction du potentiel de croissance (zone entourée de jaune).

Les résultats de l’étude clinique effectuée sur 98 patients, conjointement avec le service des Urgences Cérébro Vasculaires de la Pitié-Salpêtrière (Paris) sont publiées dans Radiology 2009 (Rosso et al). Ceux-ci indiquent que les performances obtenues par NeurInfarct sont au moins équivalentes à celles des techniques IRM existantes qui de plus nécessitent une injection intraveineuse de produits de contraste. Enfin, NeurInfarct permet de standardiser les résultats car la méthode utilisée est automatisée, ce qui représente un avantage certain dans un contexte clinique d’extrême urgence.

neurinfarct

Sur l’image de gauche, pondérée en diffusion, le cœur de l’infarctus apparaît comme un hyper signal blanc (zone entourée de rouge). Sur l’image de droite, le contour jaune représente après application de l’algorithme de NeurInfarct le potentiel de croissance de l’infarctus cérébral. Celle ci est réalisée à partir de la cartographie du coefficient apparent (ADC) de diffusion des molécules d’eau.

Nous prévoyons l’intégration de cet outil dans des PACS afin de pouvoir améliorer l’évaluation pronostique de l’infarctus cérébral à la phase aigüe. Les études d’évaluation de NeurInfarct par rapport aux autres outils existants sont en cours.

[/video] Vidéo de l’évaluation du potentiel de croissance d’un infarctus cérébral : on peut voir en jaune l’infarctus initial, en rouge la zone prédite par Neurinfarct à partir de la cartographie du coefficient apparent (ADC)